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Classe de l'ascension — technique.
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Région de l'ascension, chaîne — Pamiro-Alaï, chaîne d'Alaï
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Sommet, son altitude, itinéraire d'ascension — pic SAGU (4650 m), première ascension par la partie gauche de la paroi N.-O. et la crête N.
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Catégorie de difficulté proposée — 5B
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Caractéristiques de l'itinéraire :
dénivelé — 970 m, partie en paroi — 730 m, longueur — 1446 m, partie en paroi — 796 m, sections de 5 à 6 cat. diff. — 606 m, inclinaison moyenne de la partie en paroi — 65°
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Pitons posés :
- pitons rocheux : pour l'assurance — 68, pour l'ITO — 8
- éléments d'ancrage : pour l'assurance — 154
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Nombre d'heures de marche — 31,5 (dont 10 h pour la préparation)
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Nombre de nuitées et leurs caractéristiques :
1ère — semi-allongée ; 2ème — allongée sur la crête.
- Nom, prénom du chef, des participants et leur qualification :
- Moshnikov Anatoli Ivanovitch, MS — capitaine
- Barouline Boris Alexandrovitch, MS
- Beiline Youri Iossifovitch, KMS
- Savine Boris Nilovitch, 1ère cat.
- Karol Andreï Igorevitch, 1ère cat.
- Entraîneur principal de l'équipe — Trochtchinenko L. A., entraîneur — Beiline You. I.
- Date de départ et de retour : 4–8 février 1982
itinéraire vers Dvouzubka par la « colonne » de la crête N. 5B cat. diff.
itinéraire vers Sagu par les « plumes » de la crête N. 5B cat. diff.
itinéraire de la première ascension du groupe
Brève description de l'approche de l'itinéraire
Depuis la ville de Fergana, une route s'enfonce dans les montagnes via la ville de Khamzaabad (Shakhimardan), le village d'Iordan jusqu'au camp d'alpinisme « Dougoba », situé sur une terrasse rocheuse (environ 3 heures de route).
Depuis le camp, un sentier remonte la vallée de la rivière Surmetapdavan parmi des fourrés forestiers denses. Au confluent de la rivière Ulitor (affluent droit) et de la Surmetapdavan, les montagnes semblent s'écarter, et le sentier se divise en deux :
- Le chemin de droite mène à l'embouchure de la rivière Aktash, qui se jette dans la Surmetapdavan en contournant le col Sel'skogo (environ 2,5 heures de marche).
- Depuis le confluent, on prend le chemin de gauche qui traverse la rivière Aktash par un canyon, puis un second canyon pour atteindre le glacier Urtalik (voir la carte de la région d'ascension).
Le long du glacier, sur la rive gauche, on atteint les bivouacs au pied de la crête Nord du pic Sagu (depuis le confluent — 2,5 à 3 heures).
Notre groupe est parti du camp « Dougoba » à 16h00 le 3 février 1982 et s'est arrêté pour la nuit sur un bivouac au confluent de la rivière Ulitor et de la rivière Surmetapdavan. Le 4 février, après avoir quitté le bivouac à 8h00, le groupe est arrivé au bivouac sous la paroi N.-O. du pic Sagu à 11h00.

Vue générale de l'itinéraire de la première ascension du pic Sagu par la partie gauche de la paroi N.-O. et la crête N.


Tableau des caractéristiques principales de l'itinéraire
Itinéraire d'ascension — pic SAGU (4650 m) par la partie gauche de la paroi N.-O. et la crête N. 5B cat. diff. (orient.)
Longueur de l'itinéraire — 1446 m partie en paroi — 796 m Dénivelé — 970 m partie en paroi — 730 m Longueur des sections les plus difficiles — 606 m Inclinaison de l'itinéraire — 65°
| Date | Désignation de la section | Longueur (m) | Inclinaison (°) | Caractère du relief, état | Cat. diff. | Processus de passage, assurance | Météo, état de santé | Pitons | Élém. d'ancrage |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 04.02.1982 | R0–R1 | 35 | 50 | Pente neigeuse | 2 | En mouvement, simultané | Froid, clair | ||
| R1–R2 | 70 | 20 | Angle interne | 5 | Escalade libre, pitons | 5 | 6 | ||
| R2–R3 | 60 | 10 | Plaques enneigées | 4 | 3 | ||||
| R3–R4 | 85 | 15 | Crevasse | 2 | 4 | ||||
| R4–R5 | 90 | 60 | Cheminée avec bouchon, lisse | 6 | 7 | 19 | |||
| Heure de départ — 13:00, heure d'arrêt au bivouac — 18:00, heures de marche — 5,0 ; nuitée allongée sous l'itinéraire dans une grotte de neige ; poids de la ration alimentaire quotidienne — 0,400 kg. | |||||||||
| 05.02 | R5–R6 | 95 | 10 | Angle interne en surplomb | 6 | ITO, échelles | Nuageux | 2 | 3/111 |
| R6–R7 | 80 | 30 | Cheminée, monolithe | 5 | Escalade libre, pitons | 3 | 7 | ||
| R7–R8 | 65 | 15 | Plaques enneigées | 1 | 2 | ||||
| R8–R9 | 80 | 35 | Crevasse, glace | 3 | 6 | ||||
| Heure de départ — 13:00, heure de retour au bivouac — 18:00, heures de marche — 5,0 ; nuitée allongée sous l'itinéraire dans une grotte de neige ; poids de la ration alimentaire quotidienne — 0,400 kg. | |||||||||
| 06.02 | R9–R10 | 60 | 35 | Plaques enneigées | 5 | Escalade libre, pitons | Neige, vent | 2 | 4 |
| R10–R11 | 65 | 15 | Angle interne verglacé | 5 | 1 | 3 | |||
| R11–R12 | 95 | 5 | Surplomb | 6 | ITO–échelles | 3/11 | |||
| R12–R13 | 65 | 15 | Plaques enneigées | 5 | Escalade libre, pitons | 2 | 2 | ||
| R13–R14 | 85 | 15 | Crevasse | 2 | 3 | ||||
| R14–R15 | 60 | 18 | Arête rocheuse | 5 | 1 | 3 | |||
| R15–R16 | 70 | 30 | Cheminée verglacée | 5 | 8 | ||||
| R16–R17 | 70 | 35 | Angle interne verglacé | 5 | 2 | 6 | |||
| Heure de départ sur l'itinéraire — 8:00, heure d'arrêt au bivouac — 19:00, heures de marche — 6,0 ; nuitée — semi-allongée (partiellement assise) ; plateforme aménagée ; poids de la ration alimentaire quotidienne — 2,200 kg. | |||||||||
| 07.02 | R17–R18 | 60 | 30 | Plaques enneigées | 5 | Escalade libre, pitons | Neige le matin, éclaircie le soir, vent faiblissant | 2 | 4 |
| R18–R19 | 65 | 25 | Plaques décomposées sous la neige | 5 | 1 | 5 | |||
| R19–R20 | 65 | 40 | Cheminée avec bouchon, enneigée | 5 | 3 | 9 | |||
| R20–R21 | 95 | 3 | Surplomb | 6 | 1 | 1 | |||
| R21–R22 | 60 | 30 | Cheminée verglacée | 5 | 2 | 2 | |||
| R22–R23 | 90 | 4 | Paroi décomposée | 6 | 3 | 3 | |||
| R23–R24 | 60 | 35 | Cheminée avec glace | 3 | 4 | ||||
| R24–R25 | 60 | 20 | Plaques décomposées avec neige | 4 | 1 | 2 | |||
| R25–R26 | 70 | 30 | Cheminée, monolithe | 5 | 2 | 2 | |||
| R26–R27 | 85 | 10 | Paroi enneigée | 6 | ITO, pitons | 2 | 2/11 | ||
| R27–R28 | 40 | 120 | Arête rocheuse sous la neige | 5 | Simultanément, saillies, pitons | 5 | 10 | ||
| R28–R29 | 60 | 40 | Rochers décomposés avec neige | 5 | Escalade libre, pitons | 2 | 4 | ||
| R29–R30 | 95 | 6 | Plaque avec neige | 5 | 1 | 2/1 | |||
| R30–R31 | 70 | 30 | Cheminée avec glace et neige | 5 | 2 | 5 | |||
| R31–R32 | 60 | 10 | Paroi, sortie sur la crête | 5 | 1 | 2 | |||
| Heure de départ sur l'itinéraire — 8:00, heure d'arrêt au bivouac — 19:00, heures de marche — 10,5 ; nuitée — allongée sur une plateforme aménagée sur la crête ; poids de la ration alimentaire quotidienne — 2,200 kg. | |||||||||
| 08.02.1982 | R32–R33 | 600 | Crête Nord | 3 | Simultanément, saillies | Clair, sans vent | 2 | 5 | |
| Heure de départ — 8:30, au sommet — 13:00, au camp « Dougoba » — 21:00, heures de marche — 4,5 ; poids de la ration quotidienne — 2,0 kg. |

Capitaine de l'équipe Moshnikov L. I. Entraîneur de l'équipe Beiline You. I.
Ordre de passage de l'itinéraire
(Brèves explications au tableau des caractéristiques principales)
4 février. À 11h00, le groupe, ayant terminé l'approche, se trouvait sous la paroi. La paire Moshnikov — Savine se prépare à sortir pour la préparation, Barouline — observation de la paroi, puis des préparateurs, Beiline et Karol — préparation des vivres et creusement d'une grotte. À 13h00, la paire est partie pour la préparation. Approche par une pente neigeuse, raide dans la partie supérieure, jusqu'à la base de l'angle interne situé à gauche du couloir étroit qui sépare la partie centrale de la paroi. Moshnikov travaille en premier. La section R1–R2 est compliquée par la sortie vers des plaques enneigées (R2–R3) dans la partie supérieure. Ensuite, par une crevasse (R3–R4), on atteint la base d'une cheminée étroite avec un bouchon (R4–R5). La cheminée est lisse, les fissures sont peu nombreuses, et pour passer le bouchon, il faut se suspendre hors de la cheminée. Ensuite, la cheminée s'élargit, et il faut passer sur sa face. La cheminée se termine par un angle interne en surplomb. Ici, à la base de l'angle, on fixe une boîte avec un message — tour de contrôle. La préparation est terminée pour aujourd'hui. En 5 heures, 100 mètres de rochers difficiles ont été parcourus. Il s'agit principalement de monolithes, de nombreuses fissures sont verglacées, les prises sont rares, et il a fallu travailler sans gants. On redescend dans la grotte.
5 février. À 12h00, la paire Barouline — Beiline part pour la préparation. Moshnikov, Savine observent la paroi et les préparateurs, Karol — radiocommunication, repas, emballage des vivres. Par les cordes préparées hier, la paire atteint la base de l'angle interne (R5–R6). La partie moyenne de l'angle est passée sur des échelles. En haut : à gauche — une paroi, à droite — une énorme plaque lisse. On passe entre les deux par une cheminée (R6–R7) qui débouche sur des plaques enneigées (R7–R8). Par les plaques, on atteint une crevasse avec de la glace à l'intérieur (R8–R9), qui débouche à nouveau sur des plaques enneigées. Ici, on fixe la corde et laisse le matériel apporté. Demain, on pourra continuer sans s'arrêter. On redescend vers les camarades.
6 février. On se lève tôt, la première paire, Savine — Karol, part à 8h00, il fait encore un peu sombre. Ensuite, avec un intervalle de 15 minutes, Moshnikov, Beiline, Barouline partent à leur tour. De 8h00 à 12h00, on parcourt la section préparée, on décroche les trois premières cordes que les camarades Kuznetsov, Ivanov et Mikhaïlov, descendus hier soir dans la grotte, récupèrent. Ils photographient la paroi, observent notre progression et partent vers 14h00. Depuis la fin de la préparation, l'itinéraire est visible dans la direction d'un énorme angle interne verglacé. Par des plaques enneigées (R9–R10), on atteint l'angle interne (R10–R11). Glace, froid, il faut poser des échelles pour passer le surplomb (R11–R12) qui bouche l'angle interne. Ensuite, par des plaques enneigées (R12–R13), on contourne l'angle interne verglacé par une crevasse (R13–R14) qui débouche sur une arête rocheuse (R14–R15). D'ici, le seul chemin possible est une cheminée verglacée (R15–R16) qui mène à un angle interne verglacé. La cheminée est difficile car les parois sont lisses, les quelques prises sont verglacées, et le premier doit laisser son sac à puces.
La neige commence à tomber, ce qui complique encore l'escalade déjà difficile. Beaucoup de temps est consacré à réchauffer les mains. L'angle interne débouche sur des rochers plus décomposés, et il est temps de s'installer pour la nuit, mais il n'y a pas de plateforme. On décide de creuser un bivouac, Savine continue à travailler plus loin. Ce jour-là, on a réussi à parcourir encore 55 mètres (R17–R19) par des rochers enneigés jusqu'à une cheminée. On a eu du mal à tendre la tente, on s'est installé semi-allongés et assis. Le dîner doit être préparé « dehors ». Toute la nuit, la neige continue à tomber. Barouline n'a pas supporté les inconvénients et a tenté de s'installer à l'extérieur de la tente sous le matin, mais n'a pas pu s'endormir à cause du froid et a « injecté » un petit-déjeuner chaud à 7h00 en réveillant le groupe.
7 février. À 8h30, la paire Moshnikov — Beiline part par les cordes préparées. La neige continue à tomber. La cheminée (R19–R20) n'est pas raide, mais difficile : les fissures sont recouvertes de neige, il fait très froid le matin. Dans la partie supérieure de la cheminée, il y a un surplomb (R20–R21) que l'on passe en escalade libre, avec de bonnes prises en haut. Ensuite, il y a encore une cheminée (R21–R22). Les rochers ici sont instables, il faut être extrêmement prudent pour ne pas déverser de la neige sur ceux d'en bas. On franchit une paroi (R22–R23) et, par une cheminée avec de la glace (R23–R24), on atteint des plaques enneigées. La neige a cessé de tomber, le soleil est apparu, éclairant l'extrémité de la crête — en hiver, à cette heure, notre itinéraire n'est éclairé que lors de la sortie sur la crête. Une autre cheminée (R25–R26) débouche sur une paroi enneigée (R26–R27) que l'on franchit sur des échelles et qui débouche sur une arête rocheuse (R27–R28). Par des rochers décomposés et enneigés, on atteint une petite selle (R28–R29). Ici, notre itinéraire rejoint l'itinéraire par les « plumes », on trouve un tour de contrôle avec un message. De là, par une plaque, on atteint une cheminée avec de la glace et de la neige (R30–R31), puis une petite paroi, et nous sommes sur la crête. On trouve immédiatement une plateforme pour deux personnes. Pendant qu'on l'aménage et l'agrandit, les autres membres du groupe rejoignent. C'est si agréable de s'étendre de tout son long.
8 février. On part à 8h30. Il fait clair, il n'y a pas de vent, la visibilité est excellente — l'air pur et sec de l'hiver permet d'admirer le panorama sur de nombreux kilomètres. La crête n'est pas difficile, on avance simultanément, en utilisant principalement des saillies pour l'assurance. À 13h00, nous sommes au sommet. On laisse un message et commence la descente le long de la crête vers le sud. Huit descentes sportives par un couloir neigeux et glacé dans la vallée de la rivière Ak-Tash, et en 4,5 heures, nous sommes sur les bivouacs d'Aktash. Sans s'arrêter, on continue la descente et arrivons au camp « Dougoba » à 21h00.

Croc de l'itinéraire dans les notations de l'UIAA
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