Championnat par équipes du CS DSO "TRUD" 1969 d'alpinisme
Catégorie d'ascensions techniques en haute altitude
RAPPORT
SUR L'ASCENSION DU CONTREFORT NORD-OUEST DU PIC ALBATROS — ITINÉRAIRE 5A cat. diff. (Tian-Chan, chaînon Terkey Ala-Too, altitude 4740 m)
équipe de la MGS DSO "Troud"
18-20 juillet 1969 Moscou, 1969
I. CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DE LA RÉGION ET CARACTÉRISTIQUES SPORTIVES DE L'OBJET DE L'ASCENSION.
Le pic Albatros (sommet est — 4800 m, sommet ouest — 4740 m) est situé dans la partie axiale du chaînon Terskey-Ala-Too et ferme la gorge de Kok-Bor (à 55 km au sud de la ville de Przhevalsk). Le sommet est situé dans les sources de la rivière Kokbor, qui est un affluent droit de la rivière Karakol.
Le pic Albatros, comme tous les sommets environnants, est composé de granites qui sont enrichis en maints endroits de feldspaths. Les pentes de l'Albatros s'effondrent sur le versant nord par des parois glaciaires planes avec des rochers à pic saillants dans la partie supérieure (voir photo I). Le début de l'arête N.-O. est une crête rocheuse et glaciaire avec deux grands gendarmes (voir photo I R1). Derrière le deuxième gendarme, il y a un mur de 230 mètres avec une ceinture de glace dans la partie supérieure (photo I R2). Puis il y a une crête non abrupte, suivie d'un deuxième mur haut de 80 m (photo I R3).
Ensuite, il y a une longue crête enneigée et glaciaire escarpée avec de nombreux gendarmes de différentes tailles (R4).
3. COMPOSITION DE L'ÉQUIPE ET PRÉPARATION SPORTIVE DE L'ÉQUIPE
L'équipe a effectué l'ascension avec la composition suivante :
- EFREMOV N. — 2e catégorie sportive
- NOVOBRANSEV I. — 2e catégorie sportive
Pour la saison à venir, les participants à l'ascension se sont préparés dans leurs sections. En hiver, trois fois par semaine, des entraînements sur skis et en salle, une fois par semaine des compétitions de ski. Au printemps, des entraînements à Tsaritsyno. Les membres de l'équipe ont régulièrement participé à des compétitions d'alpinistes, ainsi qu'à des compétitions dans d'autres sports.
Une bonne préparation sportive a permis d'effectuer l'ascension à un bon rythme, malgré l'état difficile de l'itinéraire. Les deux participants ont assumé une charge égale en travaillant les premiers sur les sections difficiles et lourdes de l'itinéraire.
4. DESCRIPTION BRÈVE DE L'ITINÉRAIRE.
Quelques jours avant l'ascension, il y a eu d'abondantes chutes de neige. Le temps chaud n'a pas permis à la neige de se transformer en névé. La neige ne supportait pas le poids des alpinistes : sur le glacier, elle s'enfonçait jusqu'aux genoux, et sur la crête, elle atteignait parfois la ceinture et plus haut.
La progression sur les sections enneigées s'est avérée très laborieuse et a pris beaucoup de temps.
Le 18 juillet, le groupe a quitté le camp de base à la confluence des rivières On-Tor et Kok-Bor et a atteint en 5 heures la moraine sur le glacier de Kok-Bor, où une tente a été installée.
Le 19 juillet à 3h00, le groupe a pris l'itinéraire, traversant le glacier de Kok-Bor en direction S.-O. et, en 1 heure 30, est arrivé à la selle entre les sommets "Krougozor" et "Albatros" (voir photo I).
Section R1
Par une pente enneigée, nous montons sur la selle (45°–250 m). Crête enneigée avec deux gendarmes. Nous passons "de front" le premier gendarme par des rochers de difficulté moyenne (pente moyenne 60°–90 m). Les rochers sont fortement découpés, recouverts de glace et de neige. Derrière le gendarme, il y a un grand éboulis. Assurance par les saillies. Nous descendons 50 m en escaladant sur une crête enneigée étroite.
Nous montons par la neige molle. D'abord 130 m avec une pente de 45-50°, profondeur 40-70 cm, puis montée raide neige-glace 150 m, 60-65°. Nous taillons des marches (glace de ruissellement, les crampons ne tiennent pas bien). Assurance par deux pitons à glace et un piton rocheux, enfoncé dans les dalles sortant de la neige. La montée s'adoucit progressivement. Par une pente enneigée (croûte fragile, pente 45-50°, 50 m), nous montons sous un surplomb (épaisseur 1,5 m et surplomb de 0,5 m) et, après l'avoir taillé, nous sortons sur des rochers de difficulté (50°–60 m), qui nous mènent sous le mur du deuxième gendarme.
Par le mur (pente moyenne 75°–20 m), nous montons sur le gendarme. Ici est construit un cairn de contrôle. Nous descendons en rappel et en descente sportive de 1,5 cordes sur une selle enneigée. Nous arrivons au pied du premier mur.
Section R2
Nous passons le mur "de front". Assurance par 5 pitons rocheux. Pente 80-90°. Les fissures dans le mur sont recouvertes de glace. Les prises sont recouvertes de neige et de glace. Le mur est faiblement découpé par une fissure recouverte de glace, allant vers le haut à droite.
Après 80 m, le mur commence à s'adoucir et se transforme en une crête détruite recouverte de neige avec une pente de 50-60°.
Nous la franchissons avec une assurance soigneuse par les saillies et deux pitons rocheux.
Ensuite, il y a une petite selle enneigée, qui mène à un mur vertical de trois mètres. La prise est très petite (sur la moitié de la lame), lisse vers le bas. Nous passons le mur "de front" sans sacs à dos avec assurance par une saillie et un piton rocheux. Ensuite, nous hissons les sacs à dos.
Ensuite, il y a une crête rocheuse non abrupte (60 m, 30°), se terminant par un éboulis de 10 mètres. Après l'éboulis, nous nous dirigeons à droite sur 50 m le long d'une corniche inclinée jusqu'à une cheminée étroite qui coupe la faille rocheuse sur la crête. Par la cheminée (40 m, 70°), nous sortons au sommet de cette faille.
Ensuite, il y a une crête rocheuse de 60 mètres (20°), menant sous le deuxième mur.
Section R3 (Deuxième mur)
Nous montons sur le deuxième mur par une cheminée étroite (30 m, 85°, 5 pitons rocheux). Le mur est franchi à droite par une fissure qui se transforme dans la partie supérieure en une cheminée d'un mètre. La partie inférieure du mur avec un surplomb de 3 mètres est franchie en coinçant les jambes et en se tenant aux bords de la fissure.
Au-dessus de la fissure, il y a un dièdre interne de 30 mètres (15 m, 90° ; 15 m, 75°), deux pitons rocheux enfoncés. De la base au sommet du dièdre interne, les sacs à dos sont hissés.
Les rochers s'adoucissent progressivement (30 m, 65°). Nous sortons au sommet du mur.
Section R4 (Crête neige-glace avec plusieurs gendarmes)
Par des rochers de difficulté moyenne, nous approchons du gendarme "Tchetyrekhzubets" et le contournons par la droite.
Ensuite, nous allons par un couloir neige-glace (60°–70 m, 2 pitons à glace), nous marchons avec des crampons, nous sortons sur une crête enneigée.
Par des dalles encastrées (120 m, 60°, 2 pitons rocheux), nous montons et arrivons sur une pente raide (80 cm, 65°, 2 pitons à glace) neige-glace, qui se transforme progressivement en un secteur horizontal.
Section R4. Vers le sommet de l'Albatros mène une crête à corniches complexe (80 m). Par celle-ci, nous sortons sur le sommet.
Du sommet ouest de l'Albatros vers le sommet est, il y a une crête qui représente une "lame rocheuse" composée de nombreux gendarmes avec des corniches suspendues des deux côtés.
Vers le pic "Djigit" (fig. I), part la crête ouest. Nous descendons par des rochers de difficulté moyenne de la crête ouest, qui mène à une large selle neige-glace entre les sommets Djigit et Albatros.
Ce jour-là, nous avons travaillé 16 heures.
20 juillet. Descente de la selle vers le nord sur le glacier Djigit. D'abord par une pente neige-glace de 65-70°, qui se termine après 150 m par une crevasse béante comblée de neige. Ensuite, le glacier s'adoucit. La descente de la selle a pris 7 heures. (3 pitons à glace laissés). Ensuite, par le glacier "Djigit" et jusqu'au camp — 3 heures.
CONCLUSIONS
Le groupe a travaillé pendant deux jours. Temps de marche 26 heures. Au total, sur l'itinéraire, il y a :
- pitons rocheux — 25
- pitons à glace — 5
- total des pitons — 30
Le groupe évalue l'itinéraire comme 5A cat. diff.
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