56а
Description de la voie
par la Paroi Est de la Tour Centrale du sommet TROIS-TÊTES (2511 m).
Composition du groupe : Resp. Belousov V.M., Kharlamov V.M., Laptev N.K., Boiarkina Z.M.
Date de l'ascension — 5-7 mai 1972. Depuis le camp de base, situé à la limite de la forêt (≈1700 m), le groupe est parti à 6h00 en direction de la partie inférieure de la paroi de la Tour Centrale du sommet Trois-Têtes.
L'approche du début de la voie prend 40-50 minutes. La voie commence à environ 60 mètres à gauche et au-dessus du point le plus bas de la paroi, qui descend abruptement vers les éboulis sans adoucissement. Voir photo 1, 3.
La voie sur le tronçon R0-R1 suit un petit contrefort saillant de la paroi, sur des rochers fortement dégradés. Voir photo 3. La protection est assurée alternativement par des saillies. Il faut se méfier des nombreuses pierres instables. Sur ce tronçon, la pente est de 50°. Les rochers monolithiques se présentent sous forme de corniches obliques, que l'on franchit pour atteindre la partie supérieure de ce contrefort saillant. Dans la partie supérieure de ce tronçon, le groupe a changé de chaussures, passant de bottes de montagne à crampons à des bottes de type "vibram".
Bref aperçu géographique
de la région du sommet TROIS-TÊTES, accès à la région et approche du camp de base.
La région du sommet Trois-Têtes se trouve dans la partie orientale de la chaîne des Tounkinskiïe Belki dans les Saïan orientaux. La chaîne s'étend clairement d'ouest en est sur 150 km et s'approche de l'extrémité sud-ouest du lac Baïkal. Les ruisseaux et rivières qui descendent de la chaîne se jettent :
- sur le versant sud — dans la rivière Irkout ;
- sur le versant nord — dans la rivière Kitoï.
L'accès depuis la ville d'Irkoutsk se fait par bus jusqu'à la station thermale d'Archan, d'où le transport de matériel jusqu'à la gorge de la rivière Kynargi n'est possible qu'à pied ou par hélicoptère.
Depuis la station thermale d'Archan, une piste bien tracée monte le long de la gorge de la rivière Kynargi, d'abord le long de falaises abruptes et de rochers, puis débouche dans une vallée élargie. À la bifurcation de la vallée se trouve une cabane de trappeur. La marche avec chargement depuis la station thermale d'Archan jusqu'à la cabane à la bifurcation de la rivière (voir carte-schéma) dure 4-5 heures.
Depuis la cabane, il faut marcher environ une heure le long de la piste (le long de l'affluent orographique droit), puis tourner à gauche dans une gorge qui offre une vue sur le massif du sommet Trois-Têtes. Ici, il n'y a pas de piste, et il est préférable de suivre le lit du ruisseau, car les pentes sont densément boisées et couvertes de broussailles, rendant la progression difficile.

13 (camp de base)
Depuis la crête du contrefort pariétal, il faut avancer vers le haut sur des rochers monolithiques de difficulté moyenne, alternant avec des tronçons dégradés. Les rochers sont enneigés. Au point 2, on peut organiser une protection et des cordes fixes en utilisant des blocs saillants, et c'est à partir de ce point que le groupe a commencé à hisser les sacs à dos avec une corde, car l'escalade avec charge était devenue très difficile.
Les tronçons d'éboulis ont cédé la place à une paroi monolithique avec peu de prises. Voir photo 4.

Après avoir progressé de 12 mètres vers le haut, il faut dévier vers la gauche et atteindre une fissure large de 10 à 12 cm, qui monte vers la gauche.
10 à 14 mètres plus loin, on rencontre deux blocs saillant de la paroi, hauts de jusqu'à 2 mètres. La protection est organisée en utilisant ces blocs.
Ensuite, on continue le long de la même fissure, qui se transforme en une fente, et on atteint un balcon pouvant accueillir quatre personnes debout. Ici se trouve le cairn n°1, sous forme d'une boîte insérée dans la fissure à hauteur de poitrine. À proximité, il n'y a pas de plateformes ni de balcons similaires.
Depuis le point 2, il est impossible de se diriger directement vers le point 4 (voir photo 2), car plus haut, la paroi prend un angle négatif. Depuis le balcon, la voie monte vers le haut le long de petites dièdres verticaux, avec une certaine inclinaison vers la droite, et rejoint à nouveau l'arête droite du triangle de la paroi, en s'appuyant sur des dalles verglacées et lisses situées sur le versant nord de la paroi.
Ce tronçon est caractérisé sur toute sa longueur par un monolithe puissant avec de faibles fissures et prises. Voir photo 5. L'escalade est très difficile ici et nécessite par endroits l'utilisation de points d'appui artificiels.

La première corde a réussi à passer cet endroit par beau temps, mais ensuite une légère neige est tombée, rendant les rochers difficiles à franchir même avec des cordes fixes. Voir photo 6.
Il est souhaitable pour ceux qui suivent d'utiliser des bloqueurs glissants au lieu du nœud de Prusik, car il arrive fréquemment de devoir grimper le long de cordes verticales sans appui.
Le passage de ce tronçon de la voie, en présence même d'une légère neige, exigera de celui qui ouvre la voie :
- de planter de nombreux pitons ;
- d'utiliser des points d'appui artificiels sous forme d'échelles et de plateformes.
Dans la partie supérieure de ce tronçon de la voie, on rencontre une corniche de 1 × 2 mètres, et 8 à 10 mètres plus haut, une autre corniche où l'on peut même organiser une nuitée semi-allongée pour 4 personnes.
Les prises minimales doivent être recherchées sous la neige tombée ; il est souvent nécessaire :
- de faire la courte échelle à un camarade ;
- de planter des pitons pour les points d'appui artificiels.

La voie sur le tronçon R4-R5 suit exclusivement l'arête droite de la paroi et représente une paroi monolithique abrupte avec des prises minimales. Voir photo 7.
Ce tronçon est parcouru par une escalade complexe avec protection aux pitons. Le moment clé de ce tronçon, et de toute la voie, est le franchissement d'une ceinture rocheuse verticale haute de 5 à 6 mètres. Voir photo 2, 8. Ici, celui qui ouvre la voie a utilisé des échelles (pour franchir la ceinture rocheuse).
Les fissures ne sont adaptées que pour planter des pitons à lame, et sur un tronçon de 2 mètres, il n'y a même pas de fissures pour cela.

Pour la protection et le franchissement de cet endroit, il a fallu planter deux pitons à expansion. À gauche et à droite de cet endroit, il y a des parois verticales sans prises ni fissures, avec même un léger surplomb.
L'escalade jusqu'à la ceinture rocheuse et après celle-ci est également très difficile. Les prises minimales sont recouvertes de neige, et pour les trouver, il faut balayer chaque saillie et creux.
Au-dessus de la ceinture rocheuse, la voie se dirige :
- verticalement vers le haut ;
- le long des fronts de vieux rochers ;
- le long des parois.
Dans la partie supérieure de la paroi (point 5), la voie débouche sur une large plateforme-corniche inclinée légèrement vers la gauche. Ici est organisée la première nuitée. On peut installer une tente, mais la progression sur la corniche nécessite la pose de cordes fixes, car les parois environnantes sont abruptes.
La voie du premier jour a été parcourue en 10 heures de travail.

Depuis le lieu de la nuitée, la voie se dirige vers la droite entre de gros monolithes-blocs.
Le tronçon R5-R6 est parcouru facilement avec une protection alternée et se situe non loin du bord de la paroi verticale (voir photo 2, 9) jusqu'à l'arrivée sur l'arête droite de la crête suivante. À partir de là, la voie tourne vers la gauche sur la crête elle-même et la suit.

Toute la crête nécessite une escalade moyenne, une protection alternée aux pitons et aux saillies, ou la pose de cordes fixes. Voir photo 10. À gauche, la crête tombe abruptement sur une paroi verticale, à droite — sur des dalles inclinées avec de la glace et de la neige. Il est recommandé de marcher sur l'arête elle-même, abrupte et assez aiguë, mais offrant de nombreuses prises.
La crête conduit à un gendarme (cairn n°2), depuis lequel il faut descendre de 20 à 25 mètres sur une étroite selle large de 0,5 m. La descente se fait le long de blocs avec une protection alternée via une saillie sur le point haut du gendarme. Contourner le gendarme est beaucoup plus difficile :
- à gauche — une paroi ;
- à droite de lui — des dalles abruptes.
Depuis la selle, il faut se diriger droit dans la face de la paroi jusqu'à la crête, en se tenant à environ trois mètres du bord gauche de la paroi (à gauche — la selle). La sortie est compliquée par la pente de la paroi de 60° avec peu de saillies et de prises, de la neige et de la glace de paroi. Les pitons doivent être plantés uniquement après avoir nettoyé longuement la paroi de la glace et de la neige. Les pitons à glace ne peuvent pas être utilisés, car la croûte de glace à cet endroit n'a que jusqu'à 3 cm d'épaisseur.
Après être sorti sur la crête horizontale, la progression est facile et simple. La protection est principalement simultanée, et seuls certains tronçons de l'arête aiguë sont parcourus avec une protection alternée. Environ 200 mètres après la sortie sur la crête, celle-ci s'élargit et devient plus abrupte. Le versant gauche de la crête bute contre une paroi, et le versant droit se transforme en une pente générale de tout le massif du sommet. Voir photo 1, tronçon R8-R9.
À la fin de la crête, on organise une nuitée avec l'installation d'une tente sur un large névé incliné. L'endroit n'est pas exposé aux chutes de pierres.
Le temps de travail du deuxième jour a été d'environ 8 heures. La suite de la voie a été prévue et parcourue le long d'un couloir neigeux bien marqué, qui s'éloigne du lieu de la deuxième nuitée vers la droite et vers le haut, sur le versant droit du massif du sommet.
Tronçon :
- R9–R10

Le couloir neigeux repose sur des dalles inclinées à 40°, avec des affleurements de rochers verglacés au-dessus et en dessous. Il est parcouru sur toute sa longueur avec une protection alternée via un piolet et des pitons plantés dans les affleurements rocheux. Dans la neige et le névé, il faut :
- tailler des marches ;
- piétiner des marches.
Voir photo 2.
Sur ce tronçon, il faut se diriger dans la direction légèrement à gauche du gendarme situé sur la crête principale entre les sommets Nord et Central de Trois-Têtes. Voir photo 1. À la fin du couloir neigeux, il faut sortir brusquement vers la gauche et vers le haut sur la crête principale, en reliant les sommets. Ici, la pente du versant atteint 45°. Voir photo 12. Droit devant le gendarme se trouve une dépression avec les pentes abruptes. La sortie vers le haut par la distance équivaut à une corde. La protection est alternée via un piton-cara.
Après être sorti sur la crête principale, la voie suit la voie de catégorie de difficulté 2B. Depuis la sortie du couloir neigeux (voir photo 13), il faut d'abord descendre un peu le long de la crête, puis, en se tenant légèrement à droite et en dessous de la crête principale, monter jusqu'au sommet de la Centrale Trois-Têtes.

Ce tronçon de la voie est parcouru facilement, avec franchissement de petites parois de difficulté moyenne avant le sommet. Sur le sommet se trouve le dernier cairn de contrôle n°3. Il convient de noter que le passage de la crête principale est rendu difficile par les vents constants qui soufflent pendant la période printemps-automne. La température de l'air est descendue jusqu'à 12 °C en dessous de zéro.

La descente se fait également par la voie de catégorie de difficulté 2B. D'abord, on descend jusqu'à la selle entre les sommets Central et Sud de Trois-Têtes (voir photo 1), puis on descend le long d'un canyon abrupt jusqu'au camp de base. Voir photo 15.
- La partie supérieure du canyon est en névé dur ;
- La partie inférieure — en neige molle ;
- La partie supérieure est parcourue avec une protection alternée via un piolet.
Le temps du troisième jour d'ascension a été de 9 heures de travail.
TEMPS TOTAL — 27 heures de travail. NOMBRE TOTAL DE PITONS PLANTÉS :
- Rochers — 41 ;
- Lames — 2 ;
- À expansion — 2.
Les conditions météorologiques pendant tout le parcours étaient bonnes.
Recommandations aux alpinistes
- Composition du groupe — pas plus de 4 à 6 personnes.
- Par temps sec, tout le monde doit avoir des bottes de type "vibram", et celui qui ouvre la voie — des surchaussures.
- Avoir un large assortiment de pitons rochers et 6 à 8 pitons à expansion.
- Avoir des échelles ou des plateformes (surtout par temps humide ou en présence de neige sur les rochers).
- Avoir deux piolets ou deux hache à glace.
- Avoir dans le groupe un bon grimpeur.
Le groupe évalue la voie parcourue en termes de longueur, de difficulté et de conditions de passage comme une voie de catégorie de difficulté 4B.


TABLEAU DES CARACTÉRISTIQUES PRINCIPALES DE LA VOIE PARCOURUE PAR TRONÇONS
| Tronçon | Longueur | Pente | Difficulté sur les rochers | Moyen de progression | Protection | Nombre de pitons plantés (rochers/expansion) | Caractère des tronçons | Temps de progression |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1er jour | ||||||||
| R0–R1 | 80 m | 50° | Faciles | Escalade facile | Alternée via des saillies | 4 | Rochers fortement dégradés avec de la neige | 40 min |
| R1–R2 | 50 m | 45° | Faciles et moyennes | Escalade facile avec des tronçons de difficulté moyenne | Alternée via des saillies et des pitons | 4 | Rochers d'éboulis avec des tronçons de monolithes | 1 h |
| R2–R3 | 40 m | 65° | Moyennes | Escalade de difficulté moyenne | — | 3 | Monolithes, prises bonnes | 1 h 30 min |
| R3–R4 | 35 m | 70° | Difficiles et très difficiles | Escalade très difficile | Protection aux pitons | 10 | Monolithe vertical avec peu de prises, légère neige | 3 h 30 min |
| R4–R5 | 45 m | 70° | — | — avec utilisation d'échelles | — | 10/2 | — | 3 h 30 min |
| 2e jour | ||||||||
| R5–R6 | 40 m | 30° | Faciles | Escalade facile | Alternée via des saillies | — | Blocs rocheux | 40 min |
| R6–R7 | 140 m | 40° | Moyennes | Escalade de difficulté moyenne | Alternée via des saillies et des pitons | 4 | Crête monolithique aiguë, couverte de neige et de glace | 3 h |
| R7–R8 | 180 m | 30° | Moyennes et difficiles | Escalade moyenne avec nettoyage des rochers de la glace de paroi | — | 4 | Rochers verglacés avec peu de prises | 2 h 30 min |
| R8–R9 | 300 m | 10° | Faciles | Progression prudente | Simultanée et via des saillies | — | Crête aiguë enneigée | 1 h |
| 3e jour | ||||||||
| R9–R10 | 450–500 m | 42° | De moyenne à facile | Progression avec taille de marches | Alternée via un piolet et des pitons | 8 | Dalles inclinées couvertes de névé et de neige, avec affleurements de rochers verglacés | 3 h 30 min |
| R10–R11 | 600 m | 20° | Faciles avec des tronçons de rochers moyens | Escalade facile | Simultanée, alternée via des saillies | — | Monolithes et rochers découpés avec de la neige | 2 h |
| R11–R12 | 600 m | 45° | — | — et descente en rappel | Alternée et en groupe | — | — | 1 h 30 min |
| R12–R13 | 1400 m | 15–20° | Faciles | Descente en rappel, puis simultanée | Alternée, simultanée | — | Dans la partie supérieure, névé dur, plus bas neige molle | 1 h 30 min |
| TOTAL | Total : 47 rochers / 2 expansion | 27 h |
Commentaires
Connectez-vous pour laisser un commentaire