Passeport

I. Catégorie de difficulté alpin 2. Pamiers, chaîne de Yazgulem 3. Pic 5864 (Tchiringiad) par la paroi ouest 4. Catégorie proposée : 6B, première ascension 5. Caractéristiques de l'itinéraire : Dénivelé — 1864 m Longueur — 2695 m Longueur des sections de 5 à 6 catégorie de difficulté — 110 m Pente moyenne de la partie principale de l'itinéraire (4300–5864) — 67° Pente des sections de 5 à 6 catégorie de difficulté — 77° 6. Durée : 66 heures de marche et 6 jours 7. Nuitées : 3 assises, 2 couchées 8. Responsables : Petrov Nikolaï Evgenevich — CMS. Bashkirov Vladimir Leonidovich — MS. Obikhod Vladimir Nikolaevich — CMS. Ianochkin Vladimir Ivanovich — CMS. 9. Entraîneur : Bashkirov Vladimir Leonidovich — MS 10. Départ de l'itinéraire — 12 août 1989 Sommet — 17 août 1989 Retour — 18 août 1989 11. Organisation : Comité des sports et de la culture physique auprès du conseil municipal de Moscou

img-0.jpeg Photo 1. Vue générale du sommet. Prise le 14 août 1989 à 16h30, point n°1, H = 4100 m, S = 5,5 km, appareil photo «Pentacon», F = 135 mm.

img-1.jpeg Photo 2. Profil du sommet vu de gauche. Prise le 14 août 1989 à 10h30, point n°2, H = 3200 m, S = 5 km, appareil photo «Pentacon», F = 135 mm.

Profil de l'itinéraire

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img-3.jpeg Photo 3. Photopanorama de la région. Prise le 14 août 1989 à 17h00, point n°1, H = 4100 m, S = 5,5 km, appareil photo «Pankolor», F = 50 mm. 0 — début de l'itinéraire, 1 — camp des observateurs.

img-4.jpeg Carte schématique de la partie ouest de la chaîne de Yazgulem.

Bref aperçu de la région d'ascension

Le pic Tchiringiad (5864 m) se situe dans la partie centrale de la chaîne de Yazgulem (Pamir occidental), dans un groupe de sommets d'environ 6000 m, dont beaucoup n'ont pas été conquis. La seule expédition ayant visité cette région avant nous fut celle de l'association sportive «Lokomotiv» en 1982, qui gravit le Tchiringiad par le nord.

Une particularité de cette région est son inaccessibilité — de longs transferts et approches, gorges et canyons nécessitant déjà une technique alpine dès l'approche. C'est probablement ce qui explique son sous-développement d'un point de vue alpin, malgré la présence de nombreuses voies complexes et logiques de catégorie supérieure. Le relief des sommets est déchiqueté, avec des pics pointus et des crêtes ajourées. Les parois sont abruptes, comportant des zones verticales décomposées, particulièrement difficiles à franchir. La région présente une importante glaciation, avec des glaciers disloqués et des séracs.

Dans l'ensemble, cette région est unique par ses possibilités esthétiques et sportives.

Le seul chemin pour accéder à la région est le suivant : depuis Douchanbé, 400 km en voiture sur la route du Pamir occidental jusqu'à la confluence de la rivière Yazgulem et de la rivière Pyandj à la frontière afghane (à 30 km de la ville de Rouchan). Puis, en remontant la vallée de Yazgulem sur environ 30 km jusqu'à la fin de la route carrossable (village de Djamak). De là, à pied sur la rive gauche (orographique) de la rivière Yazgulem, 7 km jusqu'au dernier village habité (village de Zaïtch). Ensuite, le sentier devient plus difficile et parfois impraticable (surtout pour les ânes). Sur ce sentier, encore 12 km jusqu'à l'affluent gauche de la Yazgulem — la rivière Andyrkhiv. Le long de la vallée d'Andyrkhiv, environ 10 km jusqu'au canyon. C'est là que le camp de base est installé.

Ensuite, il n'y a plus de sentier. Depuis le camp de base :

  • par le canyon (160 m de rochers de catégorie 5, pitons, assurance) ;
  • puis le long des pentes gazonnées et caillouteuses abruptes sous les contreforts du pic Tchiringiad ;
  • traversée de la rivière (mieux tôt le matin, lorsque le débit est moins fort) ;
  • contournement des contreforts du Tchiringiad par la droite le long de la moraine ;
  • approche sous le sérac menant au cirque supérieur de la paroi ouest du sommet.

Le passage par le sérac est impossible ; un détour par la gauche sur des rochers abrupts et fortement décomatore décomposés est possible (120 m de rochers de catégorie IV, pitons, assurance). Puis encore environ 1 heure sur des éboulis instables de moraine — sortie sous l'itinéraire dans le cirque supérieur. C'est là, directement sous l'itinéraire, que se trouve le camp de départ. Depuis le camp de base, environ 7 heures avec des cordes fixes.

Actions tactiques de l'équipe

Le plan tactique, élaboré sur la base d'observations et de reconnaissances, a été exécuté sans déviation en termes de temps et de lieux de bivouac.

Sur l'itinéraire, un système de travail en relais a été mis en place pour la cordée de tête — une demi-journée pour chaque. Les membres de la cordée de tête se sont relayés sur les sections : Notations : B — Bashkirov, O — Obikhod, P — Petrov, I — Ianochkin R0–R2 : B–O R2–R4 : P–I R21–R24 : P–B R2–R4 : I–P R14–R15 : I–P R24–R25 : B–P R4–R5 : O–B R15–R18 : P–I R25–R27 : I–O R5–R8 : P–I R18–R20 : B–O R9–R11 : B–O R20–R21 : O–I

Le matin, la cordée de tête, après avoir gravi les cordes déjà posées, continuait à travailler plus haut. La deuxième cordée enlevait le bivouac, les cordes de sécurité et les remontait. Cette tactique a permis un travail continu de la cordée de tête.

La cordée de tête travaillait avec une double corde (photos 5, 17). Lors du passage de sections décomposées, pour éviter les chutes de pierres sur la cordée inférieure, le déplacement se faisait «par galerie».

Lors du passage de sections aux rochers friables, l'assurance du grimpeur de tête se faisait principalement à l'aide de «coinceurs» pour éviter la destruction de la roche lors de la pose de pitons.

Sept cordes ont été emportées, ce qui a permis de traiter des sections assez longues de l'itinéraire.

La principale difficulté sur l'itinéraire était constituée par les parois verticales avec des roches qui se délitaient, où il était très difficile d'organiser une assurance. Ici, on utilisait principalement :

  • de longs pitons universels
  • des «stoppeurs».

Les points d'assurance étaient organisés à partir de 2 à 3 points de fixation espacés et solidarisés (pour une assurance en cas d'arrachement d'un gros bloc de roche).

Pour élargir les emplacements de bivouac, un hamac était utilisé, dans lequel de la glace et de la neige étaient versées, formant une surface supplémentaire sous la tente une fois gelée.

Vers 17h00, les cordées changeaient, et :

  • l'une commençait à organiser le bivouac et la préparation des repas,
  • l'autre continuait la progression.

Une «marmite» (avec une «jupe» isolante) et une sélection optimale de produits ont permis de préparer les repas pour le lendemain matin.

Une bonne préparation et acclimatation ont permis à l'équipe d'utiliser presque toute la journée pour la progression, à l'exception des premières heures du matin où le froid intense ne permettait pas de progresser efficacement dans les rochers complexes.

Les deux premiers jours de l'ascension ont été rendus difficiles par le mauvais temps — absence de visibilité et neige recouvrant tout le microrelief. Le déplacement était ralenti en raison de la nécessité de dégager les prises.

Pour franchir les sections clés de l'itinéraire, tout l'arsenal technique a été utilisé :

  • des «friends»
  • des «sky-hooks»
  • des pitons en acier rigide
  • des «micro-pitons» (petits pitons et coinceurs pour les passages difficiles).

Le grimpeur de tête travaillait en chaussures spéciales. Dans l'ensemble, l'équipe avait une réserve physique et technique en cas de forte détérioration des conditions météorologiques. Il n'y a eu ni chute ni blessure durant l'ascension.

La descente a été effectuée conformément au plan tactique, en suivant le chemin de la montée. L'éloignement et la difficulté d'accès à la région ont nécessité une organisation claire de l'observation, des communications et d'un groupe de secours. Trois alpinistes de haute qualification (CMS) ont été postés en permanence sous l'itinéraire et maintenaient une liaison radio avec les grimpeurs et le camp de base, où se trouvait en permanence une équipe de secours dirigée par le MS de l'URSS, Khokhlov D.V. L'équipe de secours avait une liaison radio biquotidienne avec le KSP de la région du Tadjikistan. Pour assurer la possibilité d'une consultation urgente sur l'itinéraire, la paire d'observateurs se mettait à l'écoute toutes les heures pendant toute la journée de travail des grimpeurs.

Pitons à expansionBroches à glacePitons rocheCoinceursSectionCatégorie de difficultéLongueur (m)Pente (°)
--353IV8040°
--342.2IV7040°
--422.1IV6072°
--342IV8040°
-12-1.1IV3565°
-46-1III16045°
- 110520III44040°
--8-9V5050°
-3-8VI А36080°
-1297V8565°
-16-6V8055°
--1225V8070°
--984V10060°
--49IV11050°
-24-17IV3075°
--4716V+6080°
-212-15V7575°
-14⁄25⁄1-14VI А49090°
-34-13IV7055°
-16412V8075°
--2711V6570°
--105⁄210VI А?7090°
-36-26III10050°
--5225V5075°
117-24IV8065°
18⁄14-23VI А33590°
-52-22III15050°
-43-24IV5065°
--107⁄220VI А47585°
--7-19IV5060°
-11⁄26-18VI А38085°

img-5.jpeg Photo 5. Section 5–8. 13 août 1989, 16h30.

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Description de l'itinéraire par sections

Section 0–1. Pente neigeuse et glacée. Déplacement avec crampons. Assurance par des broches à glace et des pitons rocheux dans des îlots rocheux.

Section 1–1.1. Rochers très décomposés. Approche sous la paroi menant à un contrefort. Assurance par des pitons et des saillies rocheuses.

Section 1.1–2. Montée le long d'une paroi décomposée («pierres vivantes» !) sur un contrefort. Assurance par des «coinceurs» (stoppeurs, hexagones).

Section 2–2.1. Rochers décomposés d'un large contrefort avec des pierres libres sur des corniches. Déplacement «en galerie». Assurance — longs pitons, «coinceurs».

Section 2.1–2.2. Zone décomposée sur le contrefort. Franchie par un angle interne large et une paroi. Assurance — pitons, «coinceurs».

Section 2.2–3. Contrefort avec des parois isolées de 5 à 8 m. Nombreuses «pierres vivantes», déplacement «en galerie». Présence de corniches pour une tente (si on élargit la plateforme en utilisant un hamac).

Section 3–4. Déplacement le long du contrefort. Rochers plus monolithiques. Présence de verglas par endroits. Assurance — pitons, «coinceurs».

Section 4–5. Déplacement le long de la paroi (présence de glace dans les fissures) à droite du contrefort. À gauche — dalles lisses fortement verglacées. Glaçons. Assurance — pitons en acier «dur», «coinceurs».

Section 5–6. Série de dalles polies, se terminant par un angle interne large. Nombre limité de fissures. Présence de glace dans les fissures. Assurance — pitons en acier «dur».

Section 6–7. Alternance de glace et d'îlots rocheux. Assurance — broches à glace, pitons en acier «dur».

Section 7–8. Parois abruptes décomposées. Blocs instables. Déplacement extrêmement prudent. Assurance — «coinceurs», boîtes en titane.

Section 8–9. Début de la paroi principale (roches claires). Déplacement vers le haut et à gauche. Sur la paroi, des «prises inverses» friables se cassant sous la charge. La partie centrale ne peut être franchie qu'en utilisant la technique artificielle (ITO).

Section 9–10. Déplacement vers le haut et à droite le long d'une paroi décomposée et par endroits verglacée. Présence de petites corniches. Nombreuses «pierres vivantes» prises dans la neige et la glace. Assurance — coins, boîtes, «coinceurs».

Section 10–11. Alternance de parois de 15 à 25 m, deux surplombs. Escalade extrêmement difficile, en chaussures spéciales, mais présence de petites corniches après les surplombs permettant de se tenir debout. Paroi monolithique avec des fissures. Assurance par pitons solide. Utilisation de «friends». Sur les surplombs, utilisation de deux «sky-hooks».

Section 11–12. Paroi décomposée avec de gros blocs «vivants». Au début, déplacement vers le haut et à gauche sur 30 m, puis «galerie» vers la droite. Sortie sur une petite corniche. Possibilité de bivouac.

Section 12–13. Le long de rochers abrupts et par endroits verglacés — sortie vers une cheminée avec un bouchon. Présence de glace au fond de la cheminée. Déplacement le long du côté droit de la cheminée. Assurance — pitons universels, petits «coinceurs».

Section 13–14. Vers le haut et à droite. Alternance de courts passages de glace abrupts avec des rochers décomposés. Assurance — courts broches à glace, boîtes.

Section 14–15. Paroi avec des zones en surplomb entre deux couloirs verticaux (dangereux pour les chutes de pierres). Escalade extrêmement difficile, les couloirs limitant la liberté de choix. Pour franchir le premier surplomb, utilisation d'un sky-hook et de petits pitons en acier rigide, d'échelles. Le grimpeur de tête est en chaussures spéciales.

Section 15–16. Large cheminée — angle interne avec de la glace verticale. Assurance — courts broches à glace, coins épais.

Section 16–17. Parois verticales lisses alternant avec de petites corniches avec du verglas. Assurance — longs pitons universels.

Section 17–18. Sortie vers le haut et à gauche le long d'un angle interne rempli de glace sur une corniche neigeuse. Possibilité de bivouac si on élargit la corniche avec un hamac. Le premier est en crampons.

Section 18–19. Paroi très difficile à escalader. Escalade extrêmement difficile, uniquement en chaussures spéciales, les prises étant friables — se détachent. Pour l'assurance, utilisation de pitons à expansion, de petits pétales. Peu de fissures. Utilisation d'un sky-hook pour le franchissement.

Section 19–20. Sortie le long d'une dalle peu inclinée sous une paroi avec une fissure. Assurance — pitons universels en titane.

Section 20–21. Fissure étroite dans une paroi monolithique. Présence d'un surplomb au milieu (deux sky-hooks). Le passage nécessite une excellente maîtrise de la technique d'escalade en opposition et en coincement. Escalade limite en termes de charge physique et psychologique. Assurance — «coinceurs», pitons, «friends».

Section 21–22. Sortie sur une pente glacée sous la paroi sommitale, le long de rochers extrêmement décomposés. Coulée d'eau en deuxième partie de journée. Le matin, les rochers sont givrés. Assurance — longs pitons, «coinceurs».

Section 22–23. Pente neigeuse et glacée. Déplacement sur certains tronçons (3 × 15 m) avec les pointes avant des crampons. Approche sous la paroi sommitale. Assurance — broches à glace, pitons dans des îlots rocheux. Possibilité de bonne nuitée sous la paroi si on a la force de la creuser dans la glace.

Section 23–24. Zone en surplomb de rochers monolithiques. Peu de fissures, et celles-ci sont remplies de glace en haut. Très peu de prises. Escalade en chaussures spéciales extrêmement difficile. Utilisation d'un sky-hook et d'une échelle dans la partie supérieure de la paroi, et pour l'assurance — un piton à expansion.

Section 24–25. Traverse vers le haut et à gauche le long de rochers abrupts et fortement verglacés. Déplacement uniquement en crampons. Peu de fissures. À la fin de la traverse, absence de fissures. Pour l'assurance, un piton à expansion est posé.

Section 25–26. Paroi avec des prises très petites et friables. Progression en friction en chaussures spéciales. Assurance — pitons, «coinceurs».

Section 26–27. Crête sommitale. À gauche, présence de grands corniches neigeux. À droite — rochers avec un nombre limité de prises. Donc, progression en friction directement vers le haut. Assurance — pitons, broches à glace (sur le dôme sommital). Cairn de contrôle — sur les derniers rochers près du dôme neigeux et glacé du sommet.

img-19.jpeg Photo 7. Section 10–11. 14 août 1989, 15h30.

img-20.jpeg Photo 4. Photo technique. Prise le 14 août 1989 à 16h30, point n°1, H = 4100 m, S = 5,5 km, appareil photo «Pentacon», F = 135 mm.

img-21.jpeg Photo 13. Section 18–19. En cours de traitement. 15 août 1989, 19h30.

img-22.jpeg Photo 15. Section 21–22. 16 août 1989, 15h30.

Fichiers joints

Sources

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