1. Caractéristiques de l'ascension

  1. Classe d'ascension : haute altitude et technique.
  2. Région d'ascension : Pamiro sud-occidental, gorge de Kyshty-Dzherob.
  3. Itinéraire d'ascension avec indication des sommets et de leurs altitudes : pic Engels. Sommet sud 6318 m, face est.
  4. Catégorie de difficulté estimée : 6B.
  5. Caractéristiques de l'ascension : Dénivelé : 1318 m Murs : 1170 m Pente moyenne : 80° Longueur des sections difficiles (catégorie 5-6) : 900 m.
  6. Nombre de pitons posés : pour l'assurance, pour la création de points d'appui artificiels : Pitons rocheux : 360/16, pitons à glace : 0, pitons à expansion : 20/11.
  7. Nombre de coinceurs utilisés : 77/16.
  8. Nombre de nuits et caractéristiques : 8. Les vires sont normales.
  9. Nombre d'heures de marche : 87.
  10. Nom, prénom, patronymes du leader, des participants et leur qualification :
  • CHOPIN V.G. MS — leader
  • SURJIK M.V. MS — adjoint du leader
  • OSHE E.A. MS
  • KRYUKOV V.P. MS
  • GLADKIKH B.V. MS
  • LIKHACHEV V.G. CMS
  • KOSMACH G.I. CMS
  • POLYAKOV G.A. CMS
  1. Entraîneur de l'équipe : ZAKHAROV P.P. MS.
  2. Dates de départ et de retour : du 21 juillet au 31 juillet 1979.

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  • Itinéraire d'ascension du pic Engels (sommet sud, 6318 m) par la face est.
  • Itinéraire de Bogomolov.

2. Description de l'itinéraire

La face est du pic Engels est constituée d'une série de bandes verticales séparées par des vires escarpées recouvertes de glace et de neige. Pendant la journée, en raison du dégel, des flux d'eau inondent de nombreuses sections de la paroi qui, au coucher du soleil, se recouvrent d'une croûte de glace.

L'itinéraire envisagé peut être divisé en trois parties principales (photo feuille 12 ; schéma feuille 13) : I. Partie inférieure (sections R0–R8) — parois lisses avec un relief négligeable, inclinaison en bas 70° ; en haut jusqu'à 80°, longueur 450 m. Cette partie rappelle le bastion inférieur de la face nord-ouest de Chapdara, mais à une altitude de 5000–5450 m. Les rochers sont monolithiques, avec peu de fissures. Des sections importantes sont mouillées par l'eau à la mi-journée. II. Le bastion (sections R8–R17) — partie la plus complexe, inclinaison 85°–90°, longueur 340 m. Dans notre pratique, nous n'avons jamais rencontré une section aussi longue et difficile. L'itinéraire passe par une paroi avec de nombreux surplombs. La paroi est coupée sur toute sa hauteur par une fissure qui s'interrompt périodiquement. Certaines sections de la paroi rappellent par leur relief et leur difficulté la partie supérieure de la face nord de Dalar et la partie médiane de la face nord-ouest de B. Nakhar, mais ces sections sont plus longues et à une altitude absolue plus élevée (5450–5800 m). III. Partie supérieure (sections R17–R26) — massif plus en pente et découpé, inclinaison 75°–80°, longueur 400 m. Toute la partie supérieure est traversée par une bande claire. La sortie sur la crête se fait par une pente de névé inclinée à 55°–60° sur une longueur de 160 m, en passant par un surplomb. La crête se termine abruptement vers la gorge de Kyshty-Dzherob par un surplomb neigeux continu.

3. Organisation de la progression sur l'itinéraire

L'organisation de la progression sur les différentes sections de l'itinéraire dépendait de la partie de l'itinéraire à parcourir.

Lors du passage des deux premières parties de l'itinéraire, le travail était organisé de la manière suivante : la première cordée partait le matin pour préparer le terrain, munie d'une corde d'assurance et de 2-3 cordes de progression, de deux marteaux, de trente pitons rocheux variés, de dix pitons à expansion, de 4-6 coinceurs de type "stopper" et "hex", de "casse-croûte", d'une trousse de secours individuelle et d'une radio. Tout le travail des cordées se faisait avec une double corde. Le premier de la cordée travaillait sans sac à dos, en chaussures souples. Si nécessaire, la cordée en travail pouvait se mettre en contact avec le bivouac par radio (chaque heure, le bivouac était en écoute), rendre compte de la situation et appeler la deuxième cordée pour poursuivre la préparation, ajuster la quantité et le type de matériel nécessaire pour passer telle ou telle section de l'itinéraire, ou donner l'ordre de plier le bivouac si la question de la sortie vers le lieu de la prochaine nuit prévue était résolue.

Le matériel dont disposait la cordée comprenait :

  • une corde d'assurance et 2-3 cordes de progression
  • deux marteaux
  • trente pitons rocheux variés
  • dix pitons à expansion
  • 4-6 coinceurs de type "stopper" et "hex"
  • "casse-croûte"
  • trousse de secours individuelle
  • radio

Le premier de la cordée, après avoir parcouru une certaine section de l'itinéraire, fixait l'une des cordes d'assurance qui servirait ensuite de corde de progression. Le second (de la première cordée), en parcourant la section préparée le long de la corde de progression avec une assurance par le haut, retirait une partie des pitons intermédiaires et redressait la corde de progression. Il emportait avec lui une corde qui serait utilisée lors de la progression suivante comme deuxième corde d'assurance.

Lorsque la cordée travaillant en haut donnait l'ordre, les autres :

  • pliaient le bivouac ;
  • commençaient à se déplacer le long des cordes de progression avec des sacs à dos, à l'aide de bloqueurs.

Le poids des sacs à dos pour le "groupe de transport" était de 12 à 16 kg au début de l'ascension. Les déplacements se faisaient en cordées le long des cordes de progression pour des raisons de sécurité. Une telle organisation de la progression avait été mise au point et appliquée, compte tenu :

  • du risque potentiel de chutes de pierres délogées par la glace le long des cordes ;
  • de la nécessité éventuelle d'aider les membres de la cordée les uns les autres (le second de chaque cordée avait un sac à dos pesant 3 à 5 kg de plus que le premier).

Lors du passage de la partie supérieure de l'itinéraire, sur les sections R18–R21, le travail était organisé selon le même principe ; sur les autres sections, on prévoyait une progression classique "cordée après cordée" avec assurance alternée ; sur la crête, les cordées progressaient simultanément.

4. Planning de la progression

En fonction de la difficulté et de la longueur des différentes sections, ainsi que dans le but d'assurer une progression régulière et de répartir les efforts, le plan prévoyait 6 nuits sur l'itinéraire (photo feuille 12). Les lieux de bivouac prévus avaient été soigneusement étudiés à l'aide d'une lunette d'approche à grossissement 60 pour évaluer leur sécurité.

Le dénivelé de l'itinéraire était de 1318 m (altitude du sommet sud du pic Engels : 6318 m, niveau du glacier sous la paroi : 5000 m). Le dénivelé de la paroi avait été estimé à 1170 m.

Le planning de progression était le suivant :

  • 21 juillet : approche de l'itinéraire et préparation de la pente de névé. Nuit sous l'itinéraire (section R0–R1).
  • 22 juillet : préparation de la partie inférieure de l'itinéraire jusqu'à la première nuit. Nuit sous l'itinéraire (sections R1–R4).
  • 23 juillet : passage de la partie inférieure de l'itinéraire jusqu'à la première nuit et préparation de l'itinéraire au-dessus. Nuit n° 1 (sections R0–R4 et au-dessus).
  • 24 juillet : progression jusqu'à la deuxième nuit sous le bastion. Nuit n° 2 (sections R4–R8).
  • 25 juillet : préparation de la partie inférieure du bastion. Le bastion — section la plus techniquement difficile — se caractérise par sa raideur, la présence de surplombs et la pauvreté du relief. Aucune vire convenable pour organiser ne serait-ce qu'un bivouac assis n'y était visible. On prévoyait donc sa préparation initiale depuis la nuit n° 2 et 3 sous le bastion. Nuit n° 3 (au-dessus de la section R8).
  • 26 juillet : passage de la partie inférieure du bastion jusqu'à la quatrième nuit. Nuit n° 4 (section R8–R14).
  • 27 juillet : passage de la partie supérieure du bastion jusqu'à la cinquième nuit. Nuit n° 5 (sections R14–R21).
  • 28 juillet : passage de la partie supérieure de l'itinéraire, sortie sur la crête ou sur le sommet, en fonction de l'état de la neige lors de la sortie sur la crête. Nuit n° 6 (sur la crête) (sections R21–R26, R27).
  • 29 juillet : passage de la crête et ascension du sommet sud du pic Engels (au cas où l'ascension n'aurait pas été réalisée la veille). Descente du sommet vers le col de Zougvand. Nuit sur le col (schéma feuille 2) (sections R26–R27).
  • 30 juillet : retour par le col 5200 m vers la gorge de Kyshty-Dzherob.
  • 31 juillet et 1er août : jours de réserve en cas de mauvais temps.

Le plan tactique de l'ascension a été globalement respecté par l'équipe. Les écarts constatés étaient dus à des causes objectives exposées dans la section "Ordre de passage de l'itinéraire" et n'ont pas influé sur le nombre total d'heures de marche, mais ont augmenté le nombre de nuits et de jours nécessaires à l'ascension.

5. Répartition des tâches entre les participants

La plupart des membres de l'équipe avaient déjà réalisé ensemble plusieurs ascensions complexes et avaient participé au championnat d'URSS d'alpinisme. Ils avaient gravi :

  • le sommet de Nakhar par la face nord-ouest — catégorie 6B (3e place, 1974) ;
  • Dalar par la face nord et par le centre du bastion — premières ascensions, catégorie 5B-6B (9e place au championnat d'URSS et 1re place au championnat de Leningrad) ;
  • le sommet de Chapdara par la face nord-ouest — catégorie 6B ;
  • Zindon par la face nord-ouest — catégorie 6B (2e place, 1977).

Oshe E.A. faisait partie de l'équipe ayant obtenu la 1re place au championnat d'URSS dans la catégorie "rocher" (1978) en gravissant le sommet de Zamok par la face sud. La plupart des membres de l'équipe étaient des grimpeurs qualifiés : Shopin V.G. et Kosmach G.I. — CMS en escalade ; Surjik M.V., KRYUKOV V.P., Oshe E.A. et Likhachev V.G. — 1er échelon.

Compte tenu des qualités personnelles et de l'expérience des participants, les tâches avaient été réparties comme suit pendant l'ascension :

  • Shopin V.G. — direction générale de l'ascension, coordination des actions des cordées, travail en alternance dans la première cordée lors de la préparation.
  • Surjik M.V. — radiocommunications, retrait des pitons, travail en alternance dans la première cordée lors de la préparation.
  • Oshe E.A., Likhachev V.G., Kosmach G.I., Polyakov G.A., Kryukov V.P., Gladkikh B.V. — travail en alternance dans la première cordée lors de la préparation et à d'autres postes lors de la progression.

En outre, Kryukov V.P. était chargé de tenir le journal de passage de l'itinéraire, Kosmach G.I. de l'organisation de la nourriture, et Gladkikh B.V. du "soutien médical".

Toutes ces tâches étaient interchangeables, et chaque participant était capable d'assumer n'importe quelle fonction.

img-1.jpeg Itinéraire d'ascension du pic Engels (sommet sud) par la face est.

img-2.jpeg img-3.jpeg img-4.jpeg img-5.jpeg img-6.jpeg img-7.jpeg img-8.jpeg img-9.jpeg Schéma de l'itinéraire

  • Crête ~ 15° ~ 500 m, congères (R26–R27)
  • R25 : Pente de névé, 160 m, 55°
  • R24 : Rochers à gros blocs, 30 m, 70°
  • R23 : Paroi, 20 m, 75°
  • R22 : Paroi, 30 m, 75°
  • R21 : Rochers à gros blocs, 20 m, 60°
  • R20 : Paroi, 50 m, 85° (4)
  • R19 : Rochers à gros blocs, 40 m, 60° (5)
  • R18 : Paroi, 50 m, 80° (5)
  • R17 : Vire, 70 m, 20°
  • Section en surplomb, surplomb neigeux
  • R16 : Paroi, 55 m, 85° (6)
  • R15 : Paroi, 15 m, 92° (6)
  • R14 : Paroi, 10 m, 90° (6)
  • Cheminée, fissure, ressaut, fissure
  • R13 : Paroi, fissure-cheminée, 80 m, 85° (6)
  • R12 : Paroi, fissure, 40 m, 85° (6)
  • Surplomb, fissure
  • R11 : Paroi, fissure, 60 m, 85° (5)
  • R10 : Paroi, 22 m, 90° (5)
  • R9 : Angle interne, 8 m, 90° (5)
  • Écaillage
  • R8 : Écaillage, 50 m, 85° (6)
  • Vire
  • R7 : Paroi, 40 m, 80° (6)
  • Section en surplomb
  • Surplomb neigeux
  • Ressaut
  • Angle interne
  • R6 : Angle interne, 55 m, 90° (6)
  • R5 : Paroi, 60 m, 80° (5)
  • Vire
  • R4 : Section avec pitons à expansion, paroi, 80 m, 75° (5)
  • R3 : Paroi, 100 m, 70° (5)
  • R2 : Paroi, 20 m, 80° (5)
  • R1 : Paroi, 60 m, 70° (5)
  • R0 : Pente de névé, 50 m, 50° Itinéraire d'ascension du pic Engels (sommet sud) par la face est.

8. Alimentation

28 kg de produits alimentaires ont été emportés sur l'itinéraire, à raison de 400 g par jour et par personne. Les participants avaient deux repas chauds par jour et un "casse-croûte". Le choix des produits a été fait autant que possible en tenant compte des goûts de chacun. Divers vitamines étaient disponibles.

IV. Ordre de passage de l'itinéraire

21 juillet. Journée nuageuse. La couverture nuageuse basse recouvre la paroi. 12h00. Nous sommes partis sous l'itinéraire en formation complète. Le lieu de bivouac sous la paroi avait été choisi à l'avance, et des ravitaillements avaient été effectués. Dans le reste de la journée, nous avons précisé le début de l'itinéraire : deux coulées noires bien visibles sur la paroi, légèrement à gauche d'un contrefort peu marqué partant de la crête sommitale. 14h00. La cordée Oshe-Polyakov est partie pour tracer des traces sur la pente de névé (50 m, 50°), tant que la neige n'était pas gelée (section R0–R1). Nous avons établi le plan pour la première journée — préparation de la partie inférieure de la paroi. À 20h00, nous avons effectué une séance de radiocommunication ; la réception était bonne.

22 juillet. La cordée Oshe-Polyakov est partie à 8h00 pour préparer les deux premières cordes de l'itinéraire. La tâche du jour était de préparer la section de paroi jusqu'au lieu de la première nuit prévue. L'approche depuis le bivouac sous la paroi a pris 1 heure. Le début de l'itinéraire sur la paroi, le long de la coulée noire de gauche — 60 m, 70°, section R1–R2. Le premier a immédiatement dû mettre des chaussures souples. La paroi est plutôt lisse, avec peu de fissures, couverte de poussière, de sorte que les chaussures souples glissent constamment. 60 m vers le haut en grimpant librement en direction d'un petit ressaut incliné (35° dans le plan de la paroi) sous une paroi raide avec un front en surplomb. Sur la paroi, vers la droite, vers le haut, en contournant le surplomb — 20 m, 80°, section R2–R3. Il a fallu utiliser une échelle de corde.

Les cordées se sont relayées. Likhachev-Kosmatch, à travers un ressaut d'un demi-mètre et ensuite le long d'une paroi lisse (100 m, 70°, section R3–R4) sont arrivés à 18h00 au lieu de la nuit prévue. Après avoir fixé les cordes de progression, la cordée est redescendue au bivouac. Ce jour-là, le groupe a travaillé sur l'itinéraire pendant 10 heures, préparant 180 m et posant 52 pitons.

23 juillet. 8h00. L'objectif de la journée était de parcourir la section préparée, d'installer le bivouac et, si possible, de préparer l'itinéraire au-dessus de la nuit n° 1. Le schéma de progression sur l'itinéraire avait été planifié et mis en pratique à l'avance. La cordée Oshe-Polyakov est partie vers le haut. À 14h00, tout le monde était déjà sur le lieu du bivouac. La vire était inclinée. Il a fallu surélever le fondement avec des pierres pour installer deux tentes. Entre-temps, la première cordée, ayant laissé les sacs à dos et pris les cordes et les pitons, a commencé à préparer la paroi (80 m, 75°–80°, section R4–R5). Après avoir cherché en vain une fissure pour un piton, ils ont posé le premier piton à expansion, sur lequel ils ont accroché le lendemain une boîte avec un message : "premier contrôle". Après avoir parcouru quelques mètres de grimpée très difficile sur une convexité lisse de la paroi, Oshe a dû poser un deuxième piton à expansion et utiliser une échelle de corde. Le vent qui s'est levé a commencé à disperser l'eau qui coulait des surplombs supérieurs sur toute la paroi. Sur les rochers polis, cela devenait inconfortable. Après être arrivé sur un petit ressaut (pour une personne) et avoir fixé la corde, la cordée est revenue au bivouac.

Ce jour-là, le groupe a travaillé sur l'itinéraire pendant 9 heures, parcourant...

Fichiers joints

Sources

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