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Passeport

  1. Classe d'ascensions glaciaires et neigeuses.
  2. Caucase central, crête latérale sud de la chaîne principale du Caucase.
  3. Sommet Tetnuld, au centre de la face nord.
  4. Catégorie de difficulté proposée : 5B, première ascension.
  5. Dénivelé : 1780 m, distance : 2190 m.

Distance des sections de 5 à 6 catégorie de difficulté : 1768 m. Pente moyenne des sections principales : 55° (R1–R2, R4–R14), dont 6 catégorie de difficulté : 85–110° sur 130 m (R12–R14).

  1. Nombre de pitons :
    • pitons rocheux : 1
    • pitons à glace : 232
    • ancres à neige : 7
  2. Temps de marche de l'équipe : 24 heures, durée : 3 jours.
  3. Nuitées : I et II sur des plateformes creusées dans le névé, en position allongée.
  4. Chef d'équipe : Sergueï Sergueïévitch Tulpanov, MS Adjoint : Nikolaï Rouvovitch Ivanov, KMS Participants : Viatcheslav Pavlovitch Lazarev, MS ; Viktor Borisovitch Andrienko, KMS ; Mikhaïl Véniaminovitch Moukhortov, KMS
  5. Entraîneur de l'équipe : Viktor Vassilievitch Zhirnov, ZTR de la RSFSR
  6. Départ pour la voie : 11 août 1982 Sommet : 13 août 1982 Retour au camp d'observation : 13 août 1982 Retour au camp de base "Bezengi" : 15 août 1982

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  • Itinéraire de l'équipe de l'école d'instructeurs 1982.
  • Itinéraire du groupe de Buzek (Tchécoslovaquie) 1966. Point I, 21 juillet 1982, de 15h00 à 16h00, altitude du point de vue : 3400–3600 m. Objectif : Industar 50 3,5/50. Distance : 7–8 km.

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Profil du sommet Tetnuld à droite.

  • Itinéraire de l'équipe de l'école d'instructeurs 1982.
  • Itinéraire de Buzek 1966.
  • 9 août 1982. Point 2.
  • Distance : 4,5–5 km.
  • 9h00.
  • Objectif : Industar 50 3,5/50.
  • Altitude du point de vue : 2900–3000 m.

La deuxième nuitée, qui se trouve sur le dôme sommital, n'est pas visible.

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Profil de la partie médiane de la face gauche. — Itinéraire de l'équipe de l'école d'instructeurs. 13 août 1982, 14h00. Point 3. Distance : 2,5–3 km. Altitude : 3850 m. Objectif : T-43 4/40.

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Photopanorama de la région. Point 5. 21 juillet 1982, de 9h00 à 10h00. Altitude du point de vue : 3500–3600 m. Objectif : Industar 50 3,5/50.

  • Itinéraire de l'équipe de l'école d'instructeurs 1982. Les altitudes mesurées à l'altimètre sont indiquées en bleu. Les altitudes issues des cartes topographiques sont en noir.
  • Itinéraire du groupe de Buzek 1966.
  • Point de vue du profil gauche.
  • Itinéraire de 3 catégorie de difficulté vers le sommet Gestola.

Actions tactiques de l'équipe

L'ascension par le centre de la face nord du Tetnuld s'est déroulée conformément au plan tactique présenté au jury et au KSP. Il n'y a eu aucune déviation.

Les facteurs déterminants étaient :

  • Assurer une sécurité totale
  • Vitesse de progression.

Étant donné que la partie supérieure de la face commence à être éclairée à 8h00 et qu'il y a un risque de chute de glace vers 13h00-14h00, l'équipe a choisi un horaire de marche nocturne et matinal. Lors de la reconnaissance et de l'observation de la voie, un schéma des avalanches de neige et de glace a été établi. Il a été constaté que la voie elle-même ne présentait pas de traces d'avalanches. Selon les observations, il y avait un endroit sûr pour bivouaquer dans la partie médiane de la face, où l'équipe prévoyait d'arriver avant 12h00. Après avoir quitté le bivouac de base à 1h00 du matin, l'équipe a parcouru à bonne allure :

  • une pente neigeuse et glaciaire,
  • un couloir glaciaire abrupt,
  • une crête glaciaire contournant un îlot,

et est arrivée sur une partie plus plane, où elle a progressé simultanément, et a commencé à se diriger vers le bivouac prévu "l'Œil".

Le travail était organisé de la manière suivante : la première cordée progressait en changeant de leader, laissant des pitons pour la sécurité, et la deuxième cordée les utilisait et les transmettait à la première. La réception des membres de la cordée se faisait sur des pitons indépendants, avec des dispositifs de sécurité techniques (voir annexe, p. 9) simultanément, ce qui augmentait considérablement la vitesse de progression.

Les leaders des cordées se relayaient régulièrement pour réduire la fatigue :

  • le leader de la première cordée changeait à chaque corde,
  • le leader de la deuxième cordée changeait toutes les deux cordes.

Celui qui était en sécurité inférieure avait toujours un amortisseur, ce qui augmentait la fiabilité de la sécurité. Sur certaines sections enneigées, des ancres à neige étaient utilisées pour la sécurité, car l'utilisation de piolets était exclue en raison de la neige granuleuse et meuble d'une épaisseur de 30 à 35 cm. En maintenant un rythme élevé, l'équipe est arrivée sur le site de bivouac à 11h30.

Le lendemain, la tactique est restée la même jusqu'à la corniche glaciaire "clé" fermant la face. À 10h30, l'équipe était en dessous. Le schéma tactique pour franchir cette section clé était le suivant : le premier, avec un sac allégé (contenant uniquement une doudoune), progressait en utilisant des moyens techniques (ice-hook, marteau), les autres le suivaient soit sur une corde double fixée avec deux bloqueurs, soit avec une sécurité supérieure en utilisant des cordes fixes. Les 90 premiers mètres de glace, avec une pente de 70° à 80°, nécessitaient une combinaison de l'ice-hook et du marteau, puis 30 mètres de glace dure, avec une pente de 95°. Cette section était extrêmement difficile à franchir, car les ice-hooks ne tenaient pas dans la glace gelée, pénétrant seulement de 3 à 5 mm et faisant éclater la glace en lentilles. Il fallait d'abord faire un trou avec la pointe du marteau, puis y insérer l'ice-hook. Les 8 mètres suivants constituaient un surplomb neigeux jusqu'à 110°. Cette section était parcourue en enfonçant le manche du piolet avec un marteau et en y accrochant des étriers. La progression a été fortement compliquée par la détérioration des conditions météorologiques, la neige et le vent de tempête. Ces conditions n'ont pas permis une prise de photos suffisante sur ces sections.

L'équipe est arrivée sur le dôme pré-sommital à 14h00. À 14h30, un bivouac a été installé dans la rimaye sous le sommet. Le manque de visibilité, le vent fort et la neige n'ont pas permis de poursuivre.

Le 13 août à 8h30 :

  • le sommet a été atteint ;
  • descente par la pente sud-est jusqu'au plateau de Tetnuld ;
  • puis, à travers la zone de séracs, jusqu'à la selle entre les sommets Gestola et Tetnuld ;
  • et de là, retour au camp de base.

L'équipe de soutien a tracé la descente à travers la zone de séracs, et à 16h30, l'ascension était terminée.

Il n'y a eu ni chute, ni blessure, ni chute dans une crevasse. La liaison avec les observateurs a été maintenue selon le planning (voir annexe, p. 5–8).

SectionPitons à glacePitons rocheuxCat. diff.Longueur (m)Pente moy. (degrés)
0--36045
14-3+6075
218-3+25050
3--3–9035
R422-3+25050
R4A--2–8010–15
510-3–8045
610-3+5070
746-3+30055
833-3+22060
924-3+23050
10213–3070
1140-328055
1215-3+9080
1310-53095
1468100
15--2+6020
16--3–10040

Remarques sur le tableau : Pour la section 8 : durée de marche : 10h30 ; nombre de pitons à glace : 193 ; nombre d'ancres à neige : 7. Total sur la voie : durée de marche 24 heures, pitons à glace 232, pitons rocheux 1. Durée de marche 13h30, pitons à glace 109, pitons rocheux 1.

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Description de la voie par sections

L'itinéraire commence dans la partie inférieure de la face, près de l'îlot rocheux gauche, que l'on contourne par la gauche le long d'une crête glaciaire, puis passe :

  • à travers le sérac,
  • le long d'un couloir glaciaire abrupt ~70°,
  • sur la deuxième crête glaciaire, qui mène à une pente neigeuse et glaciaire au-dessus de l'îlot (sections R0–R2).

Une caractéristique de ces sections de l'itinéraire est la présence de glace poreuse, partiellement névéisée. La progression se fait avec une sécurité par pitons à glace, alternativement, et par endroits, simultanément.

La large pente au-dessus de l'îlot (section R3), d'une longueur de 90–100 m et d'une pente de 30–35°, ainsi que le plateau d'une longueur de 80–100 m et d'une pente de 10–15° constituent la partie la plus simple de l'itinéraire.

Ensuite, l'itinéraire se dirige verticalement vers le haut, à travers la rimaye, le long d'une crête peu marquée de la paroi glaciaire. Les 120 premiers mètres (4 cordes) sont couverts d'une couche de neige d'une épaisseur de 25 à 35 cm. La neige est granuleuse et ne se tasse pas. La sécurité par piolet n'est pas fiable, et dégager la neige pour visser des pitons est long et fastidieux. Ici, on a utilisé des ancres à neige. Là où la neige était moins épaisse, la glace était dégagée et la sécurité se faisait par pitons à glace.

Un repère important sur cette section de l'itinéraire est la cassure glaciaire dans la partie centrale de la face, qui se trouve à gauche de la direction de progression, tandis que l'itinéraire est limité à droite par un couloir peu marqué sur la paroi glaciaire.

La niche glaciaire constitue un excellent endroit pour bivouaquer sur l'itinéraire. Il s'agit d'un écroulement glaciaire monolithique d'une hauteur d'environ 12–15 m, à la base duquel s'est formé un creux naturel, pratique pour organiser un bivouac sûr. Il n'y a pas d'autres endroits similaires sur l'itinéraire. Photo n°9.

La sortie de la niche se fait par la droite, le long d'une glace abrupte, puis directement vers le haut, en direction de la partie inférieure de la "patte" rocheuse, le long d'une pente glaciaire. Dans cette partie de l'itinéraire, la glace devient plus rigide et difficile à franchir. La progression se fait en zigzag pour ne pas se retrouver les uns sous les autres. Les premiers de cordée utilisent constamment une combinaison d'ice-hook et de marteau ou d'ice-hook et de piolet. La sécurité se fait par pitons à glace.

Une fois arrivé à la partie inférieure de la "patte" rocheuse (section R10) :

  • on la traverse (6–8 m, 1 piton rocheux) ;
  • on se dirige verticalement vers le haut ;
  • on atteint une pente glaciaire abrupte qui mène sous la base de la "toiture" glaciaire.

Sur cette section, la glace est sans neige, et les passages avec de la glace dure sont de plus en plus fréquents. Sur la photo n°10, on voit bien la glace brillante, comme polie. La partie inférieure de la "toiture" glaciaire est constituée de glace de regel abrupte, rappelant des "têtes de chat" rocheuses.

La glace est très dure :

  • les pitons se vissent avec grande difficulté (parfois au deuxième essai),
  • les ice-hooks tiennent mal,
  • la glace se brise souvent en lentilles.

La section est très éprouvante psychologiquement. La progression est fortement compliquée par un vent froid et de la neige granuleuse qui "coule" en flux de la "toiture". Il fait très froid.

C'est particulièrement difficile pour le dernier : le vent le fait osciller sur la corde librement suspendue, car après avoir retiré le piton inférieur, il est projeté à 2–3 m de la paroi.

Dans la partie médiane de la "toiture", la glace est verticale, et la partie supérieure (8–10 m) surplombe. Il convient de noter que la partie supérieure de la "toiture" est constituée de névé dense, et les pitons à glace ne garantissent pas une sécurité fiable. Ici, il fallait :

  • enfoncer des manches de piolets avec des marteaux
  • accrocher des étriers

La progression des autres se fait le long des cordes fixes avec des bloqueurs. Le franchissement de la "toiture" glaciaire est possible sur une section large. Ici, la limite gauche est constituée par un sérac triangulaire, et la droite par une crête avec des corniches, qui part du sommet. Il est caractéristique que la "toiture" glaciaire ne présente aucune corniche neigeuse sur toute sa longueur (200 m à l'horizontale).

La difficulté de franchir cette section réside dans le fait qu'en plus de l'augmentation de la pente de 70 à 110°, l'état de la glace change également : de glace dure et regelée, ressemblant à des rochers de type "têtes de chat" à la base de la "toiture", à du névé surplombant dans la partie supérieure.

Après avoir franchi la "toiture", on progresse le long d'une pente neigeuse et glaciaire peu pentue en direction du sommet. Dans la rimaye pré-sommital, on installe un bivouac. La nuit, il y a eu un vent de tempête, la tente a été ensevelie sous la neige, et il a fallu la dégager à deux reprises.

Ensuite, on monte au sommet par une pente simple. La descente du sommet se fait par la pente sud, neigeuse et glaciaire, jusqu'au plateau de Tetnuld, puis en faisant une large courbe vers la gauche, on atteint la selle entre Gestola et Tetnuld. De là, on descend vers le camp de base en suivant les pentes enneigées de Gestola, jusqu'au glacier Ouïch, en contournant la zone de séracs.

Le retour au camp "Bezengi" se fait par l'itinéraire de l'approche, à travers les cols de V. Tsanner et Kel.

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Photo n°3. Section R10 — franchissement de la "patte" rocheuse. Pris de haut en bas à une distance d'environ 10 m. Le deuxième de la première cordée progresse avec une sécurité supérieure. Objectif : T-43 4/40. Heure : ~5h30.

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Photo n°4. Début de la section II. Glace dure recouverte de neige meuble d'une épaisseur de 7–8 cm. Le premier progresse avec un piolet et un marteau à glace. Pris de bas en haut à 15 m. Heure : ~8h30. Objectif : T-43 4/40.

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Photo n°5. Vue de bas en haut sur la section surplombante (la "toiture"). Le sérac triangulaire est contourné par la droite. Pris au milieu de la section II. On voit bien que la pente est telle que la corde ne touche pas la glace par endroits. Le premier est debout, appuyé sur la sécurité supérieure, et se prépare à réceptionner le deuxième. Pris à 9h00. Objectif : T-43 4/40.

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Photo n°7. Milieu de la section R12. Organisation d'un point de sécurité intermédiaire. Le premier progresse avec deux ice-hooks et un marteau. On voit bien le système de fixation de l'ice-hook à l'étrier et au baudrier. Pris à environ 5 m, de côté et de bas en haut. Objectif : T-43 4/40. 12 août 1982. Heure : ~13h00.

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Photo n°8. Dans la partie droite, une avalanche est passée dans le couloir. On voit que le chemin de l'équipe est sûr. On voit bien l'emplacement du bivouac "l'Œil" et la deuxième cordée qui s'en approche.

  • Point de vue : R4
  • Heure : 02h20
  • Date : 2 août 1982
  • Altitude : 3420 m
  • Objectif : Taïr-II 2,8/133

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Photo n°10. Moitié supérieure de l'itinéraire. On distingue nettement les sections de glace nue, l'emplacement du bivouac et le chemin de l'équipe.

  • Point de vue : R4
  • Heure : ~12h00
  • Altitude : 3420 m
  • Objectif : Taïr-II 2,8/133

Fichiers joints

Sources

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