Passeport d'ascension
I. Catégorie de l'ascension : rocheuse 2. Région de l'ascension : Uzunkol — Caucase occidental 3. Itinéraire d'ascension avec indication des sommets, de leurs altitudes, complexité de l'itinéraire (etc., approximativement) : sommet Zamok Mur sud 3930 m 4. Caractéristiques de l'ascension : longueur de l'itinéraire jusqu'au sommet : 1200 m dénivelé du mur : 670 m pente moyenne du mur : 84–85° longueur des sections difficiles du mur : 510 m 5. Nombre de pitons posés : roche : 226 glace : à expansion : 28 6. Nombre d'heures de marche jusqu'au sommet : 47 7. Nombre de jours de marche : cinq 8. Nombre de nuitées et leurs caractéristiques : trois sur des vires semi-allongées 9. Nom de l'équipe : camp d'alpinisme « Uzunkol » 10. Nom, prénom, patronyme du responsable, des participants et leur qualification : Korablin B.N. — МС — responsable, Vassiliev B.P. — МС — adjoint du responsable, Grachev A.B. — МСМК, Chtchedrine G.S. — МС, Oché E.A. — КМС. 11. Entraîneur de l'équipe : Zakharov P.P. 12. Date de départ et de retour : 16–22 juillet 1978

Ordre de passage de l'itinéraire
16 juillet 1978
Réveil matinal, petit déjeuner rapide et à 5h00, le groupe composé de trois personnes (Korablin B., Vassiliev B., Chtchedrine G.) quitte l'auberge « Uzunkol » pour le col Dalar. La veille au soir, deux observateurs et les participants Grachev A. et Oché Z. étaient partis pour le col Dalar pour organiser un point d'observation.
À 12h00, toute l'équipe au complet et les deux observateurs partirent du col Dalar sous le mur sud du sommet Zamok, en traversant les pentes sud des sommets Dalar, Dvoïniachki et en traversant les crêtes et les contreforts descendant de ces sommets. À 15h00, l'emplacement était déjà choisi et la tente des observateurs installée, et à 16h00, la tente de l'équipe d'assaut était installée sur un rocher sous le mur à une demi-heure de marche de la tente des observateurs. Le reste de la journée fut passé à observer le mur, à préciser le début de l'itinéraire, à planifier la première journée — jour de préparation du bastion inférieur, et à vérifier la liaison radio avec les observateurs.
17 juillet 1978 (1er jour)
6h00 — la cordée Grachev A. — Oché Z. part vers le mur, équipée de tout le nécessaire pour préparer les deux premières longueurs de l'itinéraire. Derrière eux suivent Vassiliev V. et Chtchedrine G., emportant le reste du matériel sous le mur. La tâche de la journée est de préparer le bastion inférieur de deux cents mètres jusqu'à la vire qui traverse le mur. Depuis la tente, on accède au mur par une pente de neige raide (50–55°). Le début de l'itinéraire sur le mur se fait par une fissure verticale (15 m) presque au centre du bastion, à gauche d'une vire inclinée rousse. Ensuite, on suit une dalle sous une paroi et le long de celle-ci vers un système de corniches (30 m), section R1–R2. La corniche inférieure (0,5 m) est contournée par la droite, les autres petites le sont de front. La pente augmente, on utilise des échelles, on plante plus fréquemment des pitons (section R3–R4). La cordée Grachev A. — Oché Z. travaille. Devant, une grande corniche d'un mètre, et 10 m plus loin, une autre. Par une fissure en surplomb, on franchit la première corniche et on arrive sous la seconde (section R4–R5), on traverse en dessous (5 m) dans un angle interne en surplomb — endroit où l'on franchit la seconde corniche (section R5–R6). Sortie dans une fissure verticale (environ 25 m) qui est souvent interrompue par des parois aveugles et de petites corniches (section R6–R7). Deux fois, il faut planter des pitons à expansion pour la sécurité. Sur l'un d'eux, sous une petite corniche, est suspendu le premier cairn de contrôle. La fissure verticale sur le mur se transforme en un angle interne fermé par un dièdre aigu (section R7–R8). On contourne le dièdre par la droite, la pente diminue un peu, encore une longueur de corde vers le haut du mur (section R8–R9) et on arrive sur une vire en forme de niche sous des corniches en surplomb. L'endroit est très inconfortable, humide, car de l'eau coule continuellement depuis le haut sur toute la vire. Une longueur de corde plus haut, on trouve une vire plus adaptée pour l'installation d'un bivouac. Cependant, la sortie de la première vire vers la seconde est très compliquée — partout des surplombs de 10–15 m de roche friable. Il faut traverser la vire vers la droite en montant sur 15 m dans un angle interne fermé par un dièdre aigu (0,5–0,7 m, section R9–R10). On atteint une vire inclinée d'environ 2 m de large et de 45° de pente, où subsistent encore des congères de neige. Déjà à la tombée de la nuit, les préparateurs commencent la descente, après avoir travaillé 11 heures sur l'itinéraire. 240 m de cordes sont posés (1×80 m et 40×40 m), on a progressé de 220 m en hauteur (le long du mur), 66 pitons roche sont plantés et 2 pitons à expansion.
18 juillet 1978 (2e jour)
6h00. La tâche de la journée est de parcourir le bastion préparé, d'installer un bivouac et si possible de préparer le bastion intermédiaire. Le groupe a mis au point un schéma de progression sur l'itinéraire lors des sorties d'entraînement : le premier avance sans sac à dos avec un jeu de pitons et d'accessoires nécessaires, les autres portent chacun un sac à dos de 6–7 kg et en plus, on hisse un sac de 22 kg, soigneusement emballé et fixé au bout d'une corde de 80 m. Pour hisser le sac, on utilise un bloqueur. Sur le premier bastion, il a fallu hisser le sac à dos trois fois, et à deux reprises, ceux qui hissaient étaient suspendus dans des étriers ou des échelles. Le premier bastion, comme l'ensemble de l'itinéraire, est presque dépourvu de pierres instables, sauf dans la partie supérieure. Ainsi, la traction du sac à dos n'a pas gêné la progression simultanée des autres participants. Ce système de progression sur l'itinéraire a permis de franchir le plus rapidement possible les sections préparées, et a donné la possibilité à une cordée du groupe de cinq personnes de travailler en permanence en tête sur l'itinéraire.
À 13h00, tout le groupe était déjà sur la vire supérieure. Le temps se dégradait, il fallait se hâter d'installer le bivouac. Cependant, cela s'avéra compliqué. La vire est inclinée avec une base rocheuse. Il fallut construire un fondement de pierres d'un mètre de haut pour pouvoir installer la tente. On aménagea néanmoins une plateforme pour une personne (Chtchedrine G.) sous un tarp. Vers le soir, le temps se dégrada définitivement, la pluie se mit à tomber avec de la neige, et Chtchedrine G. rejoignit la tente. Tout le monde s'installa en travers de la tente, les genoux repliés.
Le même jour, à 14h00, la cordée Vassiliev V. — Oché Z. commença à travailler sur le bastion intermédiaire. Juste au-dessus de la tente, une paroi en surplomb de 20 m mène à une vire inclinée, section R10–R11. Les fissures qui semblaient depuis le bas très fiables pour la progression s'avérèrent sans issue, les pitons n'y entrant pas. On planta avec difficulté un simple piton sur cette paroi. On eut recours à des pitons à expansion, qui furent plantés depuis la plateforme. Ensuite, une paroi parfaitement verticale, par endroits en surplomb, de 40 m (section R11–R12) du même type que la paroi précédente. Vassiliev B. tenta de franchir les sections difficiles en escalade libre, mais après 3–4 m, il eut du mal à revenir en arrière, n'ayant pas trouvé de possibilité de planter un piton fiable pour la sécurité. On eut de nouveau recours aux pitons à expansion, qui alternaient parfois avec de minces pitons à lames, utilisés uniquement comme points d'appui supplémentaires, réduisant la distance entre les pitons à expansion. On progressa encore de 20 m. Le mauvais temps qui commença interrompit le travail des préparateurs. Les perspectives ultérieures étaient plutôt sombres. Si tout le bastion intermédiaire était comme son début, il risquait de ne pas y avoir suffisamment de pitons à expansion emportés. Ce jour-là, le groupe travailla 10,5 heures sur l'itinéraire, parcourant le premier bastion et préparant 40 m du bastion intermédiaire, plantant encore 15 pitons roche et 5 pitons à expansion.
19 juillet 1978 (3e jour)
Toute la nuit, la pluie tomba et il grêla. Au matin, les rochers étaient mouillés, par endroits recouverts d'une couche de glace. À 8h00, les rochers furent éclairés par le soleil, et la cordée Grachev A. — Oché Z. partit pour la préparation ultérieure du bastion intermédiaire. Après avoir planté encore 2 pitons à expansion, Grachev A. parvint à franchir la paroi en escalade libre jusqu'à une dalle inclinée à 60° et à planter là un piton à profil en U fiable sous un grand dièdre de 1,5 m. Traversée de la dalle vers la gauche sur 3 m jusqu'à un décrochement avec une fissure pour contourner le dièdre. On utilisa ensuite des pitons ordinaires. L'itinéraire se poursuit vers le haut, à gauche du dièdre. La fissure est parfois interrompue, l'escalade est limite. De nouveau, une « paroi aveugle » de 35 m (section R14–R15) mène à une vire étroite. Les pitons à expansion alternent avec des pitons roche. Sur la vire, on parvient à se glisser vers la gauche sur 15 m en rampant, hors du surplomb, et ensuite à monter en escalade libre sur 10 m en plantant des pitons roche. Il faut chercher une variante de passage sans pitons à expansion. En montant vers la droite, Grachev A. se retrouve dans un angle interne de 15 m, plante un piton fiable à sa base et le franchit en escalade libre jusqu'à un énorme dièdre, en plantant des pitons roche (section R15–R16). La seconde moitié du bastion est plus généreuse en fissures. Sous le dièdre, une zone de roche friable. On trouve avec difficulté un emplacement pour planter un piton roche, et juste à côté, on plante un piton à expansion pour une sécurité fiable, car un passage difficile en traversée vers la gauche est prévu pour contourner le dièdre. Depuis le bord gauche du dièdre, on monte sur 10 m dans un angle interne, on contourne un autre dièdre par la gauche, et après 20 m, on sort sur une vire confortable en faisant une traversée difficile vers la gauche (section R16–R17). Il est tard, les préparateurs descendent vers le bivouac à la tombée de la nuit, après avoir travaillé 11 heures, ayant posé environ 200 m de cordes, progressé de 170 m en hauteur, planté 68 pitons roche et 17 pitons à expansion.
20 juillet 1978 (4e jour)
Il restait encore environ une longueur de corde pour atteindre la vire (sommet du bastion intermédiaire). Aussi, les premiers à partir à 6h30 du bivouac furent la cordée Grachev A. — Oché Z. pour « achever » le bastion intermédiaire, en déplantant au passage les pitons libres. Les autres démontèrent le bivouac et commencèrent à monter le long des cordes posées avec transport ultérieur du matériel. On ne trouva pas de point intermédiaire (vire) pour hisser les sacs à dos sur le bastion, il fallut donc organiser un « point suspendu ». Le dernier (Chtchedrine G.) eut particulièrement du mal. Pendant ce temps, la cordée de tête, après avoir traversé vers la droite en montant sur 35 m, commença à préparer une paroi verticale de 30 m menant au sommet du bastion (section R17–R18). Sur ce secteur, des pitons à lames et de grands coins alternent avec des pitons à expansion (18 pitons roche et 4 pitons à expansion). Toute l'équipe atteignit la vire vers 14h00. La vire sous le bastion supérieur est encore plus raide que sous le bastion intermédiaire. L'aménagement d'une plateforme pour la tente prit 3,5 à 4 heures.
Simultanément, pour la préparation ultérieure du troisième bastion, la cordée Vassiliev B. — Oché Z. partit vers le haut. Juste au-dessus de la tente, un énorme dièdre de 7 m surplombe. Traversée de la vire vers la droite sur 20 m, puis montée directe le long de la paroi avec de gros blocs en surplomb (section R18–R19). Le relief de la roche est riche en fissures, bien que l'escalade soit très difficile. Traversée vers la droite en montant sur 20 m, puis montée directe le long de la paroi sur 40 m avec sortie sur une épaule (section R19–R20). De l'épaule, en traversant vers la droite sur une longueur de corde, on approche de la base d'un angle interne vertical de 60 m (type de cheminée) menant à la crête (section R21–R22).
À 18h00, la cordée Vassiliev B. — Oché Z. descendit vers le bivouac, ayant préparé les rochers jusqu'à la crête et progressé d'environ 200 m en hauteur. Sur ce secteur, 42 pitons roche furent plantés, et la journée de travail dura 11,5 heures.
21 juillet 1978 (5e jour)
Le matin, le temps est couvert, brouillard, visibilité de 2 m. On démonte le bivouac et on part à 7h30. La progression le long des cordes posées jusqu'à la sortie sur la crête prend 3 heures. Ici, on répartit le matériel de manière égale dans les 5 sacs à dos, et ensuite, on suit la crête vers le sommet par l'itinéraire de catégorie 5A, en cordées avec assurance variable. Le groupe atteint le sommet à 12h30, après avoir planté encore 16 pitons roche, et commence la descente vers le col Burevestnik par l'itinéraire de catégorie 4A. Ce jour-là, le groupe passa la nuit sur une prairie verte derrière le col Kitchkinekole.
Le lendemain, le 22 juillet 1978, le groupe revint à l'auberge « Uzunkol ».
Capitaine de l'équipe Korablin B.N.

Profil du mur
- Gauche
- Droite

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